La MRC confirme qu’elle va se pencher sérieusement sur une demande d’Hydro-Québec pour relancer la production hydroélectrique à la centrale Chute-Bell de Grenville-sur-la-Rouge. La société d’état veut se départir de celle-ci tout en voulant qu’elle se remette à produire de l’électricité.
Construite en 1915 sur la rivière Rouge, la centrale Chute-Bell avait une puissance de 10 mégawatts à sa fermeture en 2011, ce qui permettait d’alimenter environ 5000 résidences. Rénovée en 1999, celle-ci était devenue la propriété d’une société en commandite dans laquelle la MRC d’Argenteuil possédait 10 % des parts et la municipalité de Grenville-sur-la-Rouge, 20 %.
Suite à la fermeture de la centrale et la liquidation de la Société en commandite Chute-Bell en 2013, les deux entités municipales avaient reçu un et deux millions de dollars respectivement. Avec cette somme, la MRC avait créé un fonds pour financer divers projets régionaux et il resterait près de 120 000 $ dans ce fonds aujourd’hui.
Or, Hydro-Québec, actuellement unique propriétaire du barrage, aimerait y relancer la production électrique tout en se départissant de celui-ci, en le cédant au milieu municipal.
« Hydro-Québec demande aux communautés locales si elles ont de l’intérêt pour embarquer dans un tel projet. Ce qu’Hydro offre est la garantie d’achat de l’électricité produite tout en n’étant plus propriétaire ni opérateur de la centrale, explique Éric Pelletier, directeur général de la MRC d’Argenteuil. On a adopté une résolution afin d’étudier ce que ça impliquerait de réactiver cette centrale. »
Selon lui, autant la MRC que Grenville-sur-la-Rouge financeront des études pour voir si la relance de la centrale Chute-Bell serait profitable. Il prévient également que si la relance se fait, la gestion de la centrale serait donner par contrat à une firme privée.
« C’est quand même un projet génial : le milieu municipal peut bénéficier de sous qui proviennent de la production énergétique. On le voit présentement dans d’autres milieux au Québec », dit monsieur Pelletier.
« On est toujours à la recherche de sources de financement alternatives pour réduire le fardeau fiscal des citoyens et ce projet est vraiment une façon d’aller chercher des sommes additionnelles pour éviter d’augmenter les quoteparts ou les taux de taxation des citoyens, renchérit pour sa part le préfet de la MRC, Bernard Bigras-Denis. C’est une excellente nouvelle. Dans certaines régions du Québec qui bénéficient de l’éolien, cela a vraiment beaucoup changé la réalité économique de ces municipalités. C’est une opportunité que l’on ne pouvait pas refuser. »
Aux dires des deux hommes, la centrale Chute-Bell serait en excellente condition. On se rappellera qu’à la suite des inondations printanières de 2019, au cours desquelles Hydro-Québec a craint que le barrage ne cède, la société d’état avait réalisé des travaux majeurs, évalués à près de 4 M$, afin notamment de renforcer le déversoir et améliorer la capacité de déversement de l’ouvrage.
« Il faut maintenant regarder à l’échelle du plan d’affaires le niveau optimal d’opération qui pourrait venir nous aider financièrement tout en étant acceptable pour Hydro-Québec, souligne monsieur Bigras-Denis. Je fonde beaucoup d’espoir dans ce partenariat. »
Aucun échéancier n’est encore prévu quant à la possible remise en fonction de la centrale Chute-Bell. Monsieur Pelletier a cependant précisé que les deux prochaines années pourraient être consacrées à la réalisation d’études pour voir si le jeu en vaut la chandelle.
Notons que le conseil municipal de Grenville-sur-la-Rouge a adopté une résolution, le 9 décembre dernier, confirmant elle aussi son intérêt à ce que la centrale puisse reprendre du service tout en désignant la MRC comme intervenant principal dans ce dossier.
De plus, les communautés autochtones de Kanesatake (près d’Oka) et de Kitigan Zibi (près de Maniwaki), ont aussi été approchées par Hydro-Québec dans ce dossier. Si elles acceptent, elles pourraient devenir des partenaires de la MRC et de GSLR dans ce projet.




