On savait déjà depuis près de cinq ans que les jours de l’église catholique St-Louis-de-France en tant que lieu de culte étaient comptés mais cela sera confirmé ce dimanche. La toute dernière messe y sera en effet célébrée à partir de 10h par l’évêque de St-Jérôme, Mgr Raymond Poisson, avant que le bâtiment de la rue Principale de Brownsburg-Chatham ne soit désacralisé.
Construite en 1927, l’église St-Louis-de-France remplace une première chapelle qui avait été inaugurée en 1906. Dans les années 50, on a allongé le bâtiment à l’arrière et haussé les clochers. Si l’intérieur du bâtiment semble en assez bon état, l’extérieur nécessite plusieurs travaux. En 2021, le conseil de fabrique de la Paroisse Ste-Trinité avait identifié une quinzaine d’éléments qui nécessiteraient des dépenses, allant de la réfection de la toiture de la sacristie à la réparation des fenêtres en passant par la réfection de la cheminée et du plafond du jubé. L’installation d’un drain français était aussi à faire.
La situation du presbytère situé tout à côté n’était guère mieux alors qu’une dizaine de réparations étaient à faire, notamment la toiture et l’isolation. La paroisse avait même dû condamner le logement qu’elle louait, entraînant une perte de revenus. Le coût total des réparations des deux bâtiments se chiffrerait aujourd’hui à plus d’un million de dollars.
C’est pour cette raison qu’en octobre 2021, la paroisse, qui regroupe également les églises St-Michel-de-Wentworth et St-Philippe, avait annoncé la mise en vente de l’église St-Louis-de-France et le début d’une alternance des messes dominicales avec celle de St-Philippe. On avait alors annoncé qu’une fois l’église vendue, on cesserait d’y faire des célébrations religieuses. Or, le bâtiment n’est toujours pas vendu bien qu’il y aurait de l’intérêt de la part d’un acheteur potentiel.
« On va désacraliser l’église car la personne qui s’occupe de la vente nous a demandé de le faire avant de poursuivre le processus, explique Gilles Forget, président du conseil de fabrique de la Paroisse Ste-Trinité. Il y a des négociations qui vont se poursuivre une fois la désacralisation complétée. »
Monsieur Forget tient à préciser que la fin des célébrations religieuses ne signifie pas encore la fermeture complète de l’église. Des activités sociales, comme des soupers spaghetti, pourraient encore y avoir lieu.
En ce qui a trait à l’acheteur potentiel du bâtiment, le président du conseil de fabrique indique ne pas pouvoir l’identifier.
« On espère arriver à une entente dès cette année, poursuit monsieur Forget. Nous, on comptait désacraliser l’église cet automne pour ne pas avoir à repayer du chauffage. Ça arrive simplement plus tôt que prévu. »
Émotions
Gilles Forget admet que la messe de dimanche sera sans doute riche en émotions.
« Ce sera doute très émouvant. Ça fait longtemps que l’église existe, ce sera un gros morceau de la ville de Brownsburg qui va partir, confie-t-il. Il y a encore beaucoup de gens qui se sont mariés à cette église, qui y ont baptisé leurs enfants… Il y avait même des gens qui ne voulaient pas que l’on ferme l’église tant qu’ils n’avaient pas eu leurs propres funérailles. Mais comme ça fait près de cinq ans qu’on a annoncé l’éventuelle désacralisation, ça permis à bien des gens de faire leur deuil. Mais ce sera quand même un moment difficile. »
Monsieur Forget dit ignorer s’il y aura foule ce dimanche pour cette dernière messe, précisant que la décision de désacraliser l’endroit n’a été prise qu’il y a deux semaines.
À partir du 17 mai, toutes les célébrations eucharistiques de la Paroisse Ste-Trinité auront lieu à l’église St-Philippe. Il est cependant encore possible de tenir des cérémonies de sacrement (mariage, baptême, funérailles) à St-Michel, devenue propriété de la municipalité de Wenworth-Nord depuis 2011. La paroisse pourrait décider d’y tenir également des messes régulières mais ce n’est pas dans les plans pour le moment.
La dernière messe à se tenir à l’église St-Louis-de-France de Brownsburg-Chatham aura lieu à 10h ce dimanche, le 10 mai, en présence de l’évêque de St-Jérôme Mgr Raymond Poisson et du prêtre modérateur de la paroisse, Père Richard Woodbury.




