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Agnès Grondin a dressé son bilan politique, elle qui quittera son poste de députée d’Argenteuil à la fin de son mandat. (Francis Legault, EAP

L’heure du bilan pour Agnès Grondin

Après huit ans comme députée d’Argenteuil, Agnès Grondin a déjà annoncé qu’elle ne briguerait pas un troisième mandat cet automne. Elle avait convié les médias le 29 juin pour faire le bilan des quatre dernières années mais aussi de sa carrière politique en général.

« Quand j’ai fait le saut en 2018 avec la Coalition Avenir Québec (CAQ), l’une des raisons est que je trouvais qu’Argenteuil avait été oublié, a déclaré la députée. On amenait peu la voix d’Argenteuil à Québec, il y avait des dossiers qui traînaient depuis 30 ans et il fallait changer ça. C’est ce que j’ai fait dans mon premier mandat. »

Elle cite en exemple le canal de Grenville, qui enfin eu une cure de jouvence, et l’obtention d’un financement récurrent pour Maison de la famille Au Coeur des générations d’Argenteuil.

Dans son dernier mandat, madame Grondin indique que ce sont plus de 175 millions de dollars, dont 117 uniquement pour les routes locales, qui ont été investis par Québec dans les 17 municipalités qui forment la circonscription électorale d’Argenteuil lors des quatre dernières années, une hausse de 39 % par rapport à son mandat précédent.

D’ailleurs, elle mentionne qu’une des choses qui la rend la plus fière de ces quatre dernières années est d’avoir pu mener la création d’un programme d’aide financière pour les municipalités rurales.

L’ouverture du CLSC de Grenville et la sécurisation de la 50 compte aussi parmi ses faits saillants des dernières années.

Manque de leadership?

Une semaine avant ce bilan, le maire de Lachute et préfet de la MRC d’Argenteuil, Bernard Bigras-Denis, annonçait qu’il se lançait dans l’arène politique provinciale comme candidat du Parti libéral du Québec (il a depuis retiré sa candidature, voir autre texte). Il avait profité de l’occasion pour lancer une flèche à Agnès Grondin sans la nommer, déclarant que la circonscription avait manqué de leadership ces dernières années.

« Je ne suis pas surprise par sa sortie, il a toujours été intéressé par la politique provinciale, rétorque la députée. Mais je ne suis pas d’accord avec ses arguments : la sécurisation de la 50, on vient de l’annoncer et le travail a été fait pour le financement des hôpitaux de la région. Pour ce qui est du CHSLD et de l’école primaire de Lachute, c’est un jeu qui se joue à deux : le grand enjeu dans ces deux dossiers c’est d’avoir un terrain. »

Selon elle, aucun terrain n’a été trouvé pour ces deux projets, ce qui explique que le projet de nouveau CHSLD n’a pas encore vu le jour (la plus grande déception de sa carrière politique admettra plus tard madame Grondin) et que la construction d’une nouvelle école primaire a été remplacée par le réaménagement d’une bâtisse déjà existante (l’ancienne école St-Julien).

« Je me bats depuis quelques années pour que l’on garde le projet du CHSLD au Plan québécois des infrastructures même si on n’a toujours pas trouvé de terrain, poursuit-elle. Pour l’école primaire, la Ville de Lachute nous a fait parvenir des résolutions pour dire qu’elle n’était pas d’accord pour céder un terrain. J’ai même une résolution de la Ville qui demande de travailler avec les bâtiments existants. Quand il y a eu une pause dans les investissements en éducation, on n’avait toujours pas trouvé de terrain. Si la Ville a fait des travaux sur un terrain qui lui convenait à elle, je ne suis pas certaine que ça convenait au centre de services scolaire. »

Elle ajoute qu’elle est heureuse de pouvoir laisser ce dossier complexe au prochain député d’Argenteuil.

Des députés pas efficaces?

Celle qui indique qu’elle ne voulait pas être ministre durant sa carrière politique pour éviter d’avoir les mains attachées croit que l’actuel travail de député au Québec n’est pas utilisé à bon escient.

« Je souhaite qu’il y ait une réforme parlementaire car ce que j’ai constaté, c’est que les députés ne sont pas utilisés à leur plein potentiel, dit-elle. Je trouvais que l’on s’enfargeait dans les fleurs du tapis et ce n’était pas évident au nom de quoi. Il faudrait que l’on s’assure que les futurs 127 députés puissent être vraiment efficaces pour se sentir utiles. »

Elle ajoute qu’il n’était pas évident selon elle de mélanger le travail qui se fait à l’Assemblée nationale et celui qui se fait dans la circonscription.

« Je ne pars pas à la retraite, je quitte la politique et l’une des raisons est que, du point de vue de l’environnement, je ne suis plus à la bonne place pour la défendre », lance-t-elle, sous-entendant que l’on pourrait la revoir dans une organisation environnementale.

Malgré cela, elle dit avoir vécu une expérience extraordinaire en tant que politicienne même si cette vie était un peu rock’n’roll. Elle dit avoir énormément appris.

« Je souhaite que le prochain député ait tout autant d’influence pour amener la voix d’Argenteuil à Québec », conclut-elle.

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