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Bernard Bigras-Denis : La sécurité sur l’autoroute 50 doit être une priorité

Le 13 août dernier, à la suite de la publication des recommandations de la coroner Martine Lachance visant à sécuriser l’autoroute 50 et à procéder à son élargissement, le préfet de la MRC d’Argenteuil, Bernard Bigras-Denis, a une fois de plus interpellé le gouvernement du Québec.

Il demande également aux candidats aux prochaines élections provinciales de faire de la sécurisation de l’autoroute 50 une priorité nationale.

Le rapport a été publié le 24 juillet dernier, à la suite du décès, le 26 décembre 2025, d’un homme de 71 ans qui prenait place comme passager dans un véhicule circulant en direction ouest sur l’autoroute 50.

Au kilomètre 252, sur le viaduc à la hauteur de Brownsburg-Chatham, la conductrice du véhicule a perdu le contrôle de sa voiture et percuté la glissière de sécurité du côté droit de la route. Sous l’effet de l’impact, le véhicule a dévié de sa trajectoire et traversé dans la voie opposée, où il a été heurté par un Dodge Caravan circulant en direction est. Un témoin de l’accident a composé le 9-1-1 à 16 h 39.

Aucun facteur lié à la route ou aux conditions météorologiques
Selon le rapport de la coroner, plusieurs facteurs peuvent contribuer à ce type d’accident, notamment l’état de la chaussée, le volume de circulation, une vitesse inadaptée, l’environnement routier, les conditions météorologiques, l’expérience du conducteur et son comportement. Dans ce cas-ci, toutefois, aucun de ces facteurs, à l’exception du facteur humain, ne semble avoir contribué à la collision.

Au moment de la collision, le marquage au sol de la double ligne jaune médiane était visible. La chaussée était en bon état et l’éclairage était jugé suffisant. La circulation était relativement dense en cette fin d’après-midi, mais la signalisation n’était pas en cause.

Les conditions météorologiques ne figurent pas non plus parmi les facteurs ayant contribué à la collision. Les données d’Environnement Canada ne font état d’aucune précipitation entre 16 h et 17 h ce jour-là.

La température était d’environ -16 °C, le ciel était généralement nuageux et la chaussée était sèche. L’humidité relative était de 61 % au moment de la collision et le point de givrage, établi à -18 °C, n’avait pas été atteint.

Ces conditions ont également été confirmées par une policière de la Sûreté du Québec présente sur les lieux, qui a indiqué que la chaussée n’était pas glissante à son arrivée.
Le soleil s’était couché à 16 h 22. Au moment de la collision, les automobilistes bénéficiaient donc encore de la clarté du crépuscule.

Le rapport d’inspection des deux véhicules, produit par la Sûreté du Québec au poste autoroutier de la MRC d’Argenteuil, n’a révélé aucun élément susceptible d’avoir contribué à la collision ou au décès du passager.

Les coussins gonflables à l’avant du véhicule dans lequel se trouvait la victime s’étaient déployés et celle-ci portait sa ceinture de sécurité au moment de l’impact, qui s’est produit à haute vélocité.

Selon les informations recueillies auprès des personnes rencontrées par les enquêteurs, la conductrice connaissait bien cette portion de l’autoroute puisqu’elle empruntait régulièrement ce trajet. Aucun problème de santé ni aucune prise de médicament susceptible d’avoir contribué à la perte de contrôle n’ont été relevés au cours de l’enquête.

Le facteur humain et la configuration de la route
Selon le rapport, la perte de contrôle du véhicule s’explique donc par un facteur humain. La conductrice a notamment indiqué avoir été aveuglée par les phares d’un camion qui circulait en sens inverse. La sortie de route n’était donc pas intentionnelle.

Toutefois, pour la coroner Martine Lachance, la configuration de la route demeure un élément déterminant de la gravité de la collision. L’absence de terre-plein central ou de glissière de sécurité médiane n’a pas empêché le véhicule de franchir la ligne médiane et d’être percuté du côté passager par le véhicule circulant en sens inverse.

Dans un communiqué de presse publié le 17 mars 2026, soit quelques semaines après l’accident ayant mené au décès de la victime, le Bureau du coroner annonçait que deux coroners avaient conjointement rendu publiques leurs conclusions concernant neuf décès survenus au cours des dernières années à la suite de collisions sur l’autoroute 50.

Dans leurs rapports, elles rappelaient que certaines sections de l’autoroute 50 sont constituées d’une chaussée contiguë, sans séparation physique entre les voies de circulation en directions opposées.

Plusieurs autres coroners ont également enquêté sur des collisions mortelles survenues sur cette autoroute. Depuis 2008, plusieurs d’entre eux ont recommandé au ministère des Transports et de la Mobilité durable d’élargir l’autoroute 50 à quatre voies ou encore d’installer des glissières médianes afin d’accroître la sécurité.

Bien que le Ministère ait réalisé, au fil des ans, certains travaux de réaménagement visant à améliorer la sécurité sur une partie du tronçon, la collision ayant coûté la vie au passager démontre, selon la coroner, que le risque persiste, particulièrement sur les segments à chaussée contiguë.

Des mesures réclamées « dans les plus brefs délais »
En conclusion, la coroner recommande au ministère des Transports et de la Mobilité durable de prendre, dans les plus brefs délais, les moyens nécessaires pour sécuriser l’autoroute 50 et éviter les collisions mortelles, notamment par l’installation de glissières de sécurité médianes afin de séparer les voies de circulation en direction est et ouest.

Elle recommande également au Ministère de procéder, dans les plus brefs délais, aux travaux planifiés d’élargissement et de réaménagement de l’autoroute 50 à quatre voies, afin d’améliorer sa sécurité et de réduire les risques de collisions mortelles ou de blessures graves pour les occupants des véhicules.

Pour Bernard Bigras-Denis, ces recommandations rejoignent les revendications de la MRC d’Argenteuil, qui demande depuis maintenant 10 ans une intervention accrue sur l’autoroute 50.

Le préfet estime qu’il y a urgence d’agir afin de sauver des vies. Il demande au gouvernement de ne plus se limiter aux plans d’ingénierie et aux considérations liées au financement, et de mettre rapidement en place des mesures de sécurité, quitte à recourir temporairement à des solutions d’urgence, comme l’installation de barrières de béton de type Jersey.

« C’est un enjeu majeur de sécurité routière et de vies humaines qui doit devenir un enjeu national et non seulement une revendication régionale », souligne Bernard Bigras-Denis.

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