Les municipalités riveraines sont sur le qui-vive alors que les crues printanières s’annoncent importantes cette année. St-André-d’Argenteuil a d’ailleurs déclaré l’état d’urgence jusqu’au 26 avril dans certains de ses secteurs.
À 16h le 16 avril, la municipalité de St-André-d’Argenteuil a déclaré l’état d’urgence dans les secteurs de la baie de Carillon, la terrasse Robillard, la rue Fournier et l’Île-aux-Chats en raison des crues printanières. Concrètement, l’accès à ces secteurs est désormais contrôlé et la municipalité pourrait ordonner l’évacuation de ceux-ci si nécessaire. Ce sont 264 résidences qui sont situées dans les secteurs touchés.
« Considérant que certaines résidences [de ces secteurs] sont potentiellement à risque d’être isolées, que [les services d’urgence] ne pourraient plus être en mesure d’assurer adéquatement la sécurité de nos citoyens et que les prévisions hydro-météorologiques confirment qu’une hausse des niveaux des rivières du Nord et des Outaouais est à prévoir, […] le conseil municipal ratifie l’état d’urgence », a confirmé le maire Stephen Matthews lors d’une assemblée extraordinaire du conseil le 16 avril dernier.
Cependant, au moment d’écrire ces lignes en fin de journée le 20 avril, on observait un débit de 291,1 m³/seconde pour la rivière du Nord à la hauteur de l’Île-aux-Chats et les prédictions prévoyaient une baisse régulière au cours des jours suivants. On est bien loin des prévisions de la sécurité publique provinciale qui laissait précédemment entrevoir un débit atteignant jusqu’à 525,89 m³/seconde, ce qui n’a jamais été proche d’être atteint.
Quoiqu’il en soit, le directeur du service de sécurité incendie de la municipalité, François Lefebvre, a tenu à être prêt au cas où le ministère des Transports et de la Mobilité durable (MTMD) ordonnerait la fermeture du pont reliant l’île à la terre ferme.
« Je suis quelqu’un qui se prépare au minimum deux coups à l’avance, a-t-il indiqué en entrevue à L’Argenteuil. Advenant que le débit aurait atteint 485 m³/seconde, pour faciliter la fermeture du pont si nécessaire, on a poser des blocs de béton pour bloquer une des deux voies. Cela a permis de mettre du poids sur les assises du pont pour ne pas qu’il se déplace et on aurait juste eu à tasser les blocs pour fermer complètement la structure. »
Par contre, le pont de la terrasse Robillard a, quant à lui, dû être fermé depuis le 17 avril en raison des crues. C’est ce secteur ainsi que celui de la baie de Carillon qui étaient les plus touchés par les inondations au moment d’écrire ces lignes.
« Il y a de l’eau sur la rue Fournier qui crée une problématique mais elle n’est pas majeure, souligne monsieur Lefebvre. Là où c’est majeur, c’est à la terrasse Robillard. En moyenne, il y a entre 18 et 24 pouces (entre 45 et 60 cm, NDLR) d’eau sur la rue en aval du pont. En amont du pont, on parle d’environ quatre à six pouces (10 à 15 cm). Dans le secteur de la baie de Carillon, on a approximativement 36 pouces (90 cm) d’eau sur la rue des Plaines et on a fermé la circulation de la rue des Sables. »
Au moins 81 bâtiments étaient touchés par ces crues printanières lundi dernier.
Moins pire que prévu
Comme mentionné précédemment, les prévisions de la sécurité publique provinciale étaient inquiétantes au moment où St-André-d’Argenteuil a déclaré l’état d’urgence le 16 avril dernier. Cependant, la situation a finalement beaucoup moins pire que prévue.
« C’est moins pire que ce qui avait été annoncé. C’est une bonne chose, confirme le maire Stephen Matthews. Mais on continue à surveiller la situer la situation pour assurer la sécurité des gens, c’est le plus important. »
Le maire confirme qu’une fois l’état d’urgence échu le 26 avril prochain, il est peu probable que celui-ci soit renouvelé tellement la situation semble s’améliorer. Par contre, si la rivière du Nord semble retourner dans son lit, les autorités gardent un œil sur la rivière des Outaouais.
« Ça devrait s’améliorer, indique François Lefebvre. Au niveau de la rivière du Nord, on constate que les débits sont à la baisse. Du côté du barrage de Carillon, il faudra regarder la hausse du débit. Est-ce que ça pourrait avoir un impact sur les secteurs touchés? »
Il faut dire que les 19 et 20 avril, si le niveau de la rivière en amont du barrage est resté proche de la moyenne historique de 40,5 mètres, son débit a atteint des records pour ces journées. On parle en effet d’un débit journalier de 7094 m³/seconde le 19 avril et de 7537 m³/seconde le 20 avril, loin devant les records établis pour chacune de ces dates en 2017. Il faudra voir si le niveau de la rivière continuera à augmenter alors que les secteurs situés en aval de celle-ci, notamment dans des municipalités à l’ouest de Gatineau, ont décrété l’état d’urgence alors que nombreuses des évacuations ont eu lieu.
Ailleurs
Dans d’autres municipalités de la MRC d’Argenteuil, on garde aussi l’œil sur différents cours d’eau, comme à Grenville-sur-la-Rouge. La rivière Rouge est en effet sortie de son lit et une partie de la route du même nom qui l’a longe a été fermée à la circulation le matin du 20 avril.
Du côté de Lachute, des stations de remplissage de sacs de sable ont été installées dans le secteur du Petit-Canada notamment. À Brownsburg-Chatham, c’est la rivière de l’Ouest dans le secteur Pine Hill qui est sous surveillance.
Pour suivre l’évolution du niveau de l’eau et du débit de la rivière des Outaouais, visitez le rivieredesoutaouais.ca. Pour le niveau et le débit des rivières Rouge et du Nord, visitez le site de Vigilance Rivière (vigilance.geo.msp.gouv.qc.ca).




