Pour la seconde fois en exactement deux semaines, un automobiliste est décédé sur l’autoroute 50 après un face-à-face. Cet autre décès sur cette voie rapide a fait réagir la classe politique d’Argenteuil.
Vers 5h30 le matin du 10 décembre, les policiers ont été appelé sur les lieux d’une collision impliquant trois véhicules dont un camion cube à la hauteur de la sortie 272 (route Arthur-Sauvé/148) à Mirabel. Deux occupants ont été blessés légèrement mais une troisième personne, un homme de 28 ans, a perdu la vie. Il s’agit de Joey Raymond, un père de famille de Brownsburg-Chatham.
L’autoroute 50 a été fermée à la circulation pendant plusieurs heures dans les deux directions afin de permettre aux enquêteurs de faire leur travail. Les circonstances du drame sont encore à être déterminées mais on sait que les conditions climatiques pourraient avoir joué un rôle.
Il s’agit d’un second décès en exactement deux semaines sur la 50. Le 26 novembre dernier, à Brownsburg-Chatham, un autre automobiliste avait perdu la vie, là aussi dans un face-à-face avec un poids lourd.
Ras-le-bol
Cet énième décès sur la 50 a fait réagir la classe politique d’Argenteuil. Le maire de Lachute et préfet de la MRC, Bernard Bigras-Denis, a dénoncé la lenteur gouvernementale à sécuriser cette autoroute.
« J’évite la 50, je prends la 158 lorsque je dois aller à St-Jérôme. C’est un tronçon trop dangereux, a-t-il indiqué dans une entrevue accordée aux médias de Québécor. On ne peut pas dire que c’est une autoroute lorsqu’on a deux voies où ça circule à la vitesse d’autoroute mais où c’est à contresens. C’est une problématique de configuration. »
« Je ne comprends pas qu’il n’y ait pas urgence d’agir. On parle de gens qui décèdent sur cette autoroute et les coroners l’ont dit : c’est vraiment la configuration qui est problématique. »
Le maire de Brownsburg-Chatham, Kévin Maurice, a lui aussi dénoncer la situation dans un communiqué émis le lendemain du drame.
« Il est inconcevable que, malgré les avertissements répétés des coroners et les tragédies successives, aucune mesure structurante n’ait encore été mise en place pour sécuriser cette autoroute, déplore-t-il. Notre communauté mérite mieux, nos familles méritent mieux. La sécurité des citoyens ne peut être compromise. »
Toujours en attente
L’endroit où s’est produit ce dernier accident doit normalement faire partie de la prochaine phase d’élargissement de l’autoroute 50. La précédente phase, entre l’aéroport de Mirabel et le chemin St-Simon, sur une distance de 6 km, a été complétée cet automne. La portion entre le chemin St-Simon et l’avenue Béthany à Lachute, longue de 17 km, est encore à l’étape de la conception et de la planification selon le ministère des Transports et de la Mobilité durable (MTMD). Aucune date de début des travaux n’a encore été annoncée.
Rappelons cependant que le MTMD a annoncé cet automne qu’il allait procéder à l’installation d’une glissière de sécurité au centre de l’autoroute, entre la montée Vachon, à Brownsburg-Chatham, et le chemin Scotch, à Grenville-sur-la-Rouge, afin de séparer les deux voies sur une distance d’environ 10 km. Cette installation devrait être complétée d’ici la fin de 2026.
Par contre, en mars dernier, le projet d’élargissement de la 50 entre Lachute et L’Ange-Gardien a été retiré du Plan québécois des infrastructures (PQI) 2025-2035. À la place, il a été remplacé par un projet de « maintien et de bonification » qui serait encore à l’étude, selon les termes employés dans le document. Pourtant, dans le même document, le tronçon entre Lachute et Mirabel est clairement listé comme étant un projet « d’élargissement et de réaménagement » actuellement en planification, ce qui laisse supposer que ce n’est pas demain la veille que les automobilistes rouleront entre Lachute et Gatineau sur une autoroute à quatre voies sur toute sa longueur.




