L’Union des producteurs agricoles (UPA) demande au gouvernement fédéral de suspendre le projet de train à grande vitesse (TGV) Québec-Toronto et de mettre sur pause les interventions d’ALTO sur le terrain.
L’organisation réclame également une étude indépendante afin d’établir plus précisément les coûts de construction et d’exploitation du projet.
L’UPA, qui manifeste depuis plusieurs mois ses inquiétudes concernant les répercussions du projet sur les terres agricoles et forestières ainsi que sur les communautés rurales situées le long du corridor envisagé, estime que les coûts constituent une raison supplémentaire de ralentir la démarche.
Le projet de TGV prévoit une nouvelle infrastructure ferroviaire électrifiée d’environ 1 000 kilomètres reliant Québec à Toronto. À lui seul, le tronçon Montréal-Ottawa pourrait traverser environ 1 700 propriétés, dont au moins 500 terres agricoles, selon les données d’Alto rapportées par l’UPA.
Des coûts qui inquiètent l’UPA
Les estimations actuellement avancées pour la réalisation du TGV se situent entre 60 et 90 milliards de dollars. L’UPA souligne toutefois que ces chiffres demeurent préliminaires et pourraient varier considérablement selon le tracé retenu, l’ampleur du projet ainsi que les coûts de construction et des matériaux au moment de sa réalisation.
L’organisation agricole soutient que la méthode utilisée pour établir cette première estimation comporte une importante marge d’incertitude.
En tenant compte de celle-ci et des dépassements de coûts observés dans d’autres grands projets ferroviaires à travers le monde, l’UPA avance que la facture pourrait éventuellement dépasser les 200 milliards de dollars. Il s’agit toutefois d’une projection de l’organisation et non du coût établi du projet.
« Trop d’indices tendent à démontrer que les coûts annoncés jusqu’à maintenant sont grandement sous-estimés », affirme le président général de l’UPA, Martin Caron, qui demande à Ottawa de faire évaluer indépendamment la facture du projet avant d’aller plus loin.
Le TGF gagne du terrain dans un sondage
Selon un sondage de la firme Synopsis Recherche réalisé pour le compte de l’UPA, l’appui au TGV diminue de 10 % (de 69 % à 59 %) après une présentation détaillée du projet, tandis que l’appui à un train à grande fréquence (TGF), une alternative moins coûteuse selon l’UPA, qui utilise les emprises existantes, augmente quant à lui de 6 % (de 67 % à 73 %). Lorsque les répondants devaient choisir entre les deux options, 53 % privilégiaient le TGF contre 26 % pour le TGV.
Le sondage, réalisé du 12 au 17 août, révèle également que le transport ferroviaire arrive loin derrière d’autres secteurs lorsque les répondants sont interrogés sur leurs priorités en matière de dépenses gouvernementales.
La santé arrive en tête avec 65 %, suivie du logement à 44 %, du réseau routier à 36 % et de l’éducation à 31 %. Le transport ferroviaire est choisi par 6 % des répondants. Ceux-ci pouvaient sélectionner plus d’une priorité.
Des préoccupations qui dépassent la question des coûts
Les préoccupations de l’UPA à l’égard du projet ne sont pas nouvelles. L’organisation agricole réclame depuis plusieurs mois que le tracé évite les terres agricoles de grande qualité et que les impacts sur les exploitations agricoles soient davantage considérés.
Parmi les enjeux soulevés figurent notamment le morcellement des propriétés agricoles, l’accès aux champs avec la machinerie, la protection des systèmes de drainage, les passages nécessaires pour le bétail et les conséquences sur les terres agricoles et forestières..




