Alors que le soleil brillait de mille feux durant le dernier week-end, la municipalité de St-André-d’Argenteuil a annoncé, le 25 avril dernier, qu’elle prolongeait l’état d’urgence dans certains de ses secteurs en raison des crues printanières. Ce sont les quartiers situés en bordure de la rivière des Outaouais qui inquiètent le plus les autorités.
Décrété le 16 avril, l’état d’urgence aurait normalement dû prendre fin le 26. Mais la veille, le 25, le conseil municipal andréen a adopté une résolution pour prolonger celui-ci de dix jours, soit jusqu’au 5 mai, au cours d’une séance extraordinaire.
Les secteurs concernés par ce prolongement de l’état d’urgence restent les mêmes, soit la terrasse Robillard, la baie de Carillon, la rue Fournier et l’Île-aux-Chats. Alors que les niveaux d’eau ont commencé à baisser, les autorités craignent qu’un deuxième épisode de crues ne vienne affecter ces quartiers.
« Les niveaux d’eau se sont stabilisés, confirme le maire Stephen Matthews. Cependant, ça va dépendre des quantités de pluie que l’on va avoir dans les prochains jours. S’il n’y a pas de précipitations, l’eau va descendre mais s’il tombe 50 mm ou plus de pluie, il y a un risque que les niveaux remontent à des niveaux significatifs. »
Au moment d’écrire ces lignes en mi-journée lundi, les prévisions météorologiques laissaient prévoir des précipitations avoisinant les 50 mm au cours de la semaine. Mais les précipitations ne sont pas la seule donnée qui pourrait avoir un impact sur les crues : la fonte de la neige au sol dans la portion nord du bassin versant de la rivière des Outaouais n’est pas encore terminée.
« Ces derniers jours, au barrage de Carillon, ils ont essayé de faire un peu de place pour l’eau en amont en prévision des quantités d’eau qui vont descendre, mentionne monsieur Matthews. Ça pourrait prendre jusqu’à deux semaines pour que l’eau descende jusqu’ici. Tout va dépendre des précipitations qu’il va y avoir là-bas et des températures. S’il y a une fonte rapide, ça peut causer problème. On se croise les doigts. »
Les débits de la rivière des Outaouais sont actuellement en baisse mais ceux-ci sont encore très élevés : du 19 au 22 avril, le débit observé lors de chacune de ces journées constituait un nouveau record journalier pour ces dates, à plus de 7000 m³/seconde. Au moment d’écrire ces lignes, le débit avait chuté sous la barre des 6900 m³/seconde et devait demeurer stable pour la semaine à venir. Quant à lui, le niveau de la rivière en amont du barrage est resté stable depuis le début du mois d’avril, à environ 40,5 mètres de hauteur.
Les personnes qui connaissent St-André et ses environs constateront que des quatre secteurs placés sous l’état d’urgence, seul celui de l’Île-aux-Chats ne borde pas la rivière des Outaouais mais plutôt la rivière du Nord. Avec un débit de 58,77 m³/seconde à 10h le 28 avril à la hauteur de l’île, on est bien loin des débits de plus de 400 m³/seconde atteints lors de la semaine précédente. Les prévisions ne laissaient présager qu’une hausse somme toute minime des débits au cours de la semaine. Pourquoi alors continuer d’inclure ce secteur dans les mesures d’état d’urgence?
« La rivière du Nord est effectivement moins problématique à la hauteur de l’Île-aux-Chats, admet le maire. Par contre, c’est important d’inclure ce secteur pour les mesures d’urgence car si on doit intervenir et qu’il n’est plus inclus, ça pourrait être problématique. »
En mi-journée lundi, la municipalité indiquait que 137 bâtiments avaient été touchés par les crues jusqu’à présent et que les huit rues qui ont été fermées à la circulation sont en processus de réouverture lorsque les conditions sont jugées sécuritaires. Au moins onze personnes ont quitté volontairement leur résidence en raison de ces inondations.
« On est à la merci de Mère Nature mais on est mieux de prévenir que de guérir, illustre le maire Matthews. La municipalité a toujours pris les précautions nécessaires pour le bien de la sécurité civile. »




