Le passage du TGV Alto dans la MRC d’Argenteuil soulève des questions de la part des élus locaux. Une chose est certaine : la MRC indique être à l’affût dans ce dossier et demande à ce que ce projet ait des retombées économiques à long terme dans la région.
C’est en début d’année que la MRC d’Argenteuil a appris qu’Alto comptait faire passer son train sur son territoire. Une première rencontre avec une équipe de relations publiques de l’entreprise a eu lieu avant que le préfet d’Argenteuil, Bernard Bigras-Denis, ne rencontre Steven MacKinnon, le ministre fédéral des Transports.
« On a demandé qu’une présentation soit faite au conseil des maires car on n’a pas d’informations, indique monsieur Bigras-Denis. On est dans une situation où la MRC se fait pas mal dire ce qui va se passer. On n’a pas de partenariat actuellement avec Alto et on n’a pas plus d’informations que ce qui est divulgué sur leur site web malgré nos rencontres avec eux. »
Cette nouvelle rencontre a eu lieu le 21 janvier dernier dans les locaux de la MRC. Selon le préfet, peu de nouveaux détails ont été dévoilés.
« On comprend les bénéfices nationaux mais ce train va diviser notre MRC et passer dans des terres agricoles, prévient-il. Ce serait pertinent de savoir plus précisément où ce train va passer car on croit que cela va avoir des répercussions sur la faune et la population. On parle de près de 70 trains par jour qui vont passer sur le tronçon de la MRC d’Argenteuil à 325 km/h. »
Plusieurs questions
Comme mentionné précédemment (voir autre texte), le TGV Alto nécessite une voie ferrée entièrement protégée, ce qui signifie qu’il n’y aura aucun passage à niveau.
« Qu’est-ce qu’on fait avec les routes? Lesquelles vont avoir des viaducs, lesquelles vont devenir des culs-de-sac? Est-ce qu’il y aura des trajets pour permettre aux agriculteurs de contourner le train?, se demande Bernard Bigras-Denis. Il y a un paquet de réflexions que l’on a présentement et où on n’a pas d’informations. On a hâte d’en savoir plus. »
Le préfet indique avoir demandé à ce que la MRC puisse siéger sur un comité technique avec Alto.
« Il n’y a pas d’organisme qui possède plus d’informations et de données techniques sur un territoire qu’une MRC, dit-il. Il faut qu’Alto soit à l’écoute des revendications des MRC et travaille en partenariat avec elles. »
D’ailleurs, il indique que le conseil des maires a fait part de plusieurs exigences auprès de l’entreprise concernant son tracé dans la région. Parmi celles-ci, le refus que le train affecte les activités du camping de Brownsburg-Chatham ou passe par des secteurs patrimoniaux comme Cushing ainsi que des milieux naturels.
« On travaille avec le service d’aménagement de la MRC pour cibler les secteurs qu’il faudrait éviter. Il y a des milieux humides qui ont plus de valeur écologique que d’autres. On a cette expertise », explique le préfet.
Retombées locales
Comme aucune gare n’est prévue à l’extérieur des grandes villes, Argenteuil ne sera qu’un point de passage du tracé d’Alto entre Ottawa et Montréal. Les retombées directes ne seront donc que minimes. Cependant, citant en exemple Hydro-Québec, Bernard Bigras-Denis indique avoir exigé qu’une compensation financière soit versées aux territoires qui seront traversés par ce TGV.
« Le train ne fera que passer par chez nous. J’ai demandé au ministre MacKinnon et à Alto une enveloppe, dit-il. On veut une enveloppe qui soit remise aux communautés pour aider à compenser les répercussions causées par ce train-là. On m’a dit qu’il y a déjà des discussions en ce sens. »
Cependant, le préfet ajoute que des retombées économiques locales pourraient avoir lieu au moment de la construction de la voie ferrée puisqu’Alto a indiqué vouloir faire affaires avec les entreprises locales à ce moment-là.
Malgré tout, Bernard Bigras-Denis indique que les relations entre la MRC et l’entreprise sont quand même bonnes même s’il voudrait avoir plus de détails sur ce projet que ce qu’Alto est prêt à divulguer.
« Il faut travailler avec eux et être des partenaires. On n’a pas le choix de décider si un train va passer ou non dans la MRC mais on a une certaine flexibilité pour éviter des secteurs critiques, illustre-t-il. On va être à l’affût et multiplier les rencontres avec eux. On est activement impliqué dans ce dossier mais on a un peu les mains liés : ce n’est pas nous qui allons décider du parcours final. »



