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e mémoire déposé par le Musée régional d’Argenteuil a comme objectif de rappeler à Alto que l’endroit où le va passer le TGV sera sur des terres qui ont une longue histoire d’occupation humaine. (Photo d’archives)

Train Alto : le Musée régional d’Argenteuil dépose un mémoire

Le Musée régional d’Argenteuil a profité des consultations publiques menées par la société d’état fédérale Alto pour déposer un mémoire dans le cadre de la future construction d’une ligne de train à grande vitesse sur le territoire de la MRC. Le Musée tenait à interpeler Alto quant au potentiel archéologique de la région.

C’est suite à une rencontre de son conseil d’administration que le Musée régional d’Argenteuil a décidé à faire ce mémoire. « On s’est dit pourquoi ne pas déposer un rapport qui raconte l’histoire de notre territoire en mettant en valeur tous les aspects patrimoniaux d’occupation, du bâti à l’archéologie, explique le directeur général du Musée, Robert Simard. On veut que ce soit pris en compte lors du tracé [du train]. »

Rappelons qu’Alto compte construire un train à grande vitesse qui relierait Québec à Toronto en passant par Montréal. Le premier tronçon devrait relier la métropole à Ottawa en passant par Argenteuil, avec le début des travaux d’ici la fin de 2029 ou au début de 2030. Si on sait que le train passera par la MRC, on ignore encore son tracé exact et plusieurs citoyens ont déjà commencé à se regrouper pour dénoncer le projet.

« Le Musée ne voulait pas se positionner pour dire qu’il est pour ou contre le projet, tient à préciser monsieur Simard. L’objectif est de dire à Alto qu’il va passer sur un territoire qui a une longue histoire d’occupation humaine et qu’il se pourrait que ça passe sur un endroit où il y a des artéfacts archéologiques. »

Répéter l’histoire

Dans le mémoire du Musée régional d’Argenteuil, intitulé Occupation humaine et développement du territoire d’Argenteuil et disponible pour consultation sur le site web de l’organisme (www.museeargenteuil.ca), on peut y découvrir l’histoire de la région.

« Ce qu’on a voulu faire c’est de raconter notre histoire, dit Robert Simard. Qui étaient ces gens qui vivaient ici bien avant l’arrivée des Européens? Il y a ensuite eu des Français, des Irlandais, des Écossais, des Américains, des Britanniques… On parle du premier contact, des gens qui sont venus ici, de Champlain qui est passé sur notre territoire… »

Or, dans le rapport, on fait d’ailleurs référence à l’un des premiers chemins de fer du pays, le train reliant Carillon à Grenville, en opération de 1854 à 1910. Les trains du Canadien Pacifique (dès 1876) et du Canadien National (à partir de 1910) ont aussi sillonné Argenteuil.

« Anciennement, quand le train arrivait ici, ça emmenait énormément de prospérité. Il arrêtait ici et ça ouvrait [la région] sur le monde, rappelle monsieur Simard. C’était un signe d’ouverture : ça permettait de sortir et de revenir. Dans le cas d’Alto, avec la lunette d’historien, c’est une fracture sur notre territoire : ça n’apporte rien d’autre qu’une séparation complète de notre territoire. »

Robert Simard indique que le Musée partage certaines des préoccupations des citoyens de la région, comme les terrains qui seront touchés ou les façons de traverser la ligne de chemin de fer.

« D’un intérêt historique, on ne voit pas ça comme quelque chose de prometteur pour la communauté au même type que serait le retour d’un train de passagers », admet-il.

Le mémoire signé par monsieur Simard a été déposé le 24 avril dernier. A-t-il fait réagir les décideurs chez Alto?

« Une semaine après avoir déposé ce rapport, Alto est sorti publiquement pour dire qu’il allait considérer l’endroit où il va passer sur les terres qui ont eu une présence autochtone, a constaté le directeur général du Musée. Je ne sais pas si notre rapport a fait une différence mais disons que ça doit s’inscrire dans ce mouvement. »

Monsieur Simard indique que si les trains d’Alto finissent par circuler dans Argenteuil, il aimerait bien que la société d’état contribue financièrement aux activités du Musée.

« On n’est pas en train de monnayer la connaissance mais du moins, ce que l’on souhaite de leur part, c’est qu’il y ait une reconnaissance et une mise en valeur qui soit faite. Sous quelle forme? On ne le sait pas, ça doit être travaillé ensemble. »

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