La MRC d’Argenteuil a adopté son budget 2026 le 26 novembre dernier. Et contrairement à bien d’autres organisations municipales, celui de la MRC sera même légèrement moins élevé qu’en 2025.
Pour 2026, la MRC a adopté un budget se chiffrant officiellement à un peu plus de 22,8 M$. Cependant, ces prévisions budgétaires incluent aussi le budget de 5,6 M$ de Fibre Argenteuil, l’organisme à but non lucratif chargé de déployer et d’exploiter le réseau de fibre optique de la MRC, et qui ne compte que comme une entrée et sortie d’argent dans le budget de la MRC sans en affecter son fonctionnement.
Dans les faits, ce sont 17 124 504 $ qui pourront être utilisés par la MRC en 2026, soit une baisse d’un peu plus de 524 000 $ par rapport à l’an dernier. Les quoteparts payées par les neuf municipalités d’Argenteuil, en hausse d’un peu plus de 267 000 $ par rapport à 2025, représentent 31,4 % des revenus de ce budget, le reste provenant de subventions. La hausse de ces quoteparts s’explique notamment par une augmentation des dépenses au niveau du transport collectif et les investissements dans des équipements supralocaux.
« Ça été un budget assez facile à faire, affirme Bernard Bigras-Denis, préfet de la MRC. Tous les représentants du conseil des maires avaient été réélus aux élections du 2 novembre. Dès le lendemain, on a pu entamer le travail pour adopter ce budget. Celui-ci est en continuité mais ambitieux au niveau des réalisations que l’on souhaite faire. »
Quant à la légère baisse du budget, le directeur général de l’organisme, Éric Pelletier, l’explique par une variation dans les subventions en possession de la MRC.
« Ce ne sont pas 524 000 $ qui ont disparus du budget, il y a une multitude de facteurs qui peuvent expliquer ça, dit-il. Par exemple, il y a certaines subventions que l’on a commencé à dépenser l’an dernier : si on a reçu 1,2 M$ en subventions une année et qu’on commence à le dépenser, l’année d’après il peut nous en rester juste 900 000 $. D’une année à l’autre, ces subventions varient. »
Transport collectif
Comme mentionné plus haut, le service de transport collectif de la MRC a connu une hausse importante de ses coûts, notamment en raison du prix de l’essence. Les usagers seront appelés à contribution alors qu’il en coûtera 25 ¢ de plus par passage. Le service de transport vers St-Jérôme reste gratuit pour les étudiants. Une nouvelle plateforme informatique devrait aussi être mise en place pour faciliter l’achat de billets.
Le dossier du REM est aussi sur la table. Inaugurée cet automne, l’antenne Deux-Montagnes permet de rallier le centre-ville de Montréal en environ 35 minutes. Une liaison par autobus entre la gare de Deux-Montagnes et Argenteuil pourrait être intéressante pour les usagers.
« Il y a déjà des études internes pour savoir combien pourrait coûter une telle liaison, confirme monsieur Pelletier. On peut comparer avec notre liaison avec St-Jérôme qui est à peu près à la même distance que Deux-Montagnes. Il y a une réelle volonté de notre part car on sait que pour se rendre de Lachute au centre-ville de Montréal, ça pourrait se faire en moins d’une heure. C’est vraiment intéressant. »
Cependant, il précise que les coûts pour une telle liaison pourraient être assez élevés. La mise en place d’un comité composé d’élus qui se pencherait sur la question du transport est évoquée pour analyser ce projet.
« C’est le genre de service que si tu vas de l’avant avec, tu ne peux pas reculer, illustre le directeur général. Les gens achètent leur voiture et leur maison en fonction des disponibilités en transport. On ne peut faire un projet pilote de deux mois : il faut étudier ça de façon sérieuse et projeter les coûts et revenus sur une plus longue période pour mieux voir l’impact. »
Projets structurants
Bernard Bigras-Denis souligne qu’en 2026, la MRC travaillera sur divers grands projets dont la poursuite de la mise en œuvre du Plan de développement de la zone agricole ainsi que la mise en œuvre du Plan régional des milieux humides et hydriques, pour ne nommer que ceux-ci.
« On a aussi une planification stratégique, qui est une obligation de la loi, indique-t-il. C’est une démarche de consultation auprès de la population ainsi que plusieurs acteurs locaux dont les élus. »
Cependant, la révision du Schéma d’aménagement et de développement devrait être le chantier le plus important de 2026 pour la MRC.
« [Le Schéma d’aménagement] est le cœur d’une MRC pour gérer l’aménagement du territoire, explique le préfet. C’est très stratégique d’entamer ces démarches le plus rapidement possible et de bien le faire. »
« C’est une des plus grosses planifications que l’on a et ça implique tous les services de la MRC, renchérit Éric Pelletier. On a débuté l’an dernier avec l’adoption d’un énoncé de vision et en 2026, on va rédiger les grandes lignes et répondre aux demandes gouvernementales en matière d’aménagement du territoire. Il y a de nombreuses études qui vont débouler au courant de l’année afin d’acquérir plus de connaissances pour mieux planifier le développement du territoire. »
Un Plan climat est également au menu pour la fin de la prochaine année. Notons que la MRC a reçu une subvention de 1,2 M $ pour l’élaboration et la mise en œuvre de ce plan.
De plus, la MRC prévoit lancer des études sur la remise en fonction de la centrale hydroélectrique Chute-Bell de Grenville-sur-la-Rouge, un projet qui semble créer un certain enthousiasme dans le monde municipal local (voir autre texte).



