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L’ex-ambassadeur Guy St-Jacques croit que le Canada devra revoir ses relations avec son voisin du sud mais aussi avec l’Empire du milieu afin de développer son économie. (Photo gracieuseté)

Chine, États-Unis et changements climatiques : le Canada devra revoir sa façon de faire

Même à la retraite du monde diplomatique, l’ex-ambassadeur Guy St-Jacques continue à surveiller ce qui se passe dans le monde. L’Argenteuil l’a questionné sur certains sujets les plus chauds des derniers mois.

Après des années de relations plutôt tendue sous l’ère de Justin Trudeau, monsieur St-Jacques croit que le Canada devra recalibrer ses relations avec l’Empire du Milieu. Il croit d’ailleurs que l’actuel Premier ministre canadien, Mark Carney, sait qu’il a tout à gagner d’un certains rapprochement, comme on a pu le voir avec l’entente commerciale signée en janvier dernier avec Pékin.

« Je pense que l’on va avoir un recalibrage. Il faut avoir un dialogue et je pense que Mark Carney a compris ça, explique-t-il. Il ne faut pas négligé la Chine, c’est un pays trop puissant qui va le devenir encore plus. Ce que Trump fait, il réduit l’importance des États-Unis sur la scène internationale, ce qui fait le jeu de la Chine. »

Il prévient cependant que le pays devra être ferme sur les questions d’ingérence mais qu’il y aura de bonnes occasions d’affaires à établir entre les deux pays.

« Ça ne reviendra pas comme avant. On en sait trop, il y a un côté sombre à la Chine. C’est clair que Xi Jinping fait tout pour que la Chine devienne la principale super-puissance. »

Quant aux relations avec les États-Unis, il croit que le Canada traverse une période difficile qui aura des conséquences économiques importantes.

« Il faut faire un effort majeur pour réaligner nos priorités, lance-t-il. Il faut travailler avec nos alliés pour protéger les éléments du système international qui fonctionnent. On dépend tellement du commerce international, il faut un environnement où des règles s’appliquent et malheureusement, les États-Unis ne font pas partis de ça. »

Il souhaite que le pays réduise sa dépendance au marché américain et il entrevoit des difficultés lors de la renégociation de l’accord de libre-échange nord-américain. Cependant, le Canada devrait garder espoir que les choses s’amélioreront après les élections américaines de mi-mandat, en novembre prochain, qui pourraient permettre aux Démocrates de reprendre le contrôles des deux chambres au Capitole. L’offensive israélo-américaine lancée récemment contre l’Iran commence d’ailleurs à susciter de la grogne chez de nombreux partisans du président américain.

Quant aux changements climatiques, l’ex-ambassadeur canadien sur le sujet indique que la situation est très inquiétante. Depuis 1987 que Guy St-Jacques se penche sur ce dossier, les modèles de réchauffement climatiques de l’époque sont actuellement en train de se réaliser selon lui. Et ironiquement, c’est la Chine qui semble être le plus en mesure de pouvoir aider le monde.

« C’est tout un contraste, la Chine est le pays qui investit le plus pour lutter contre ça, explique-t-il. C’est un pays qui a compris qu’elle pouvait avoir des retombées économiques extrêmement valables si elle investissait là-dedans : 70 % des éoliennes sont fabriquées en Chine, 90 % des panneaux solaires aussi… C’est un leader dans les voitures électriques et ils sont en train de retirer tous les bénéfices de ces investissements. »

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