Une soixantaine de personnes ont participé à une activité symbolique dans le cadre de la Marche mondiale des femmes 2025 au parc Barron de Lachute le 2 octobre dernier. L’activité visait à dénoncer les injustices, la pauvreté et les violences dont sont encore aujourd’hui victimes les femmes à travers le monde.
Organisée par le Carrefour des femmes du Grand Lachute et la maison d’hébergement La Citad’Elle, l’activité soulignait le 30e anniversaire de la marche Du Pain et des roses qui a vu plusieurs milliers de femmes de la province marcher jusqu’à Québec pour dénoncer la pauvreté. Cette activité a donné naissance à la Marche mondiale des femmes (MMF) qui a désormais lieu tous les cinq ans depuis l’an 2000 à travers plus de 160 pays. L’édition 2025 représente donc la 6e édition de cette marche planétaire.
Outre la pauvreté, la MMF dénonce les inégalités et les violences faites aux femmes. Cette année, un grand rassemblement aura lieu à Québec le 18 octobre prochain au cours duquel plusieurs revendications seront dévoilées.
Le 2 octobre dernier, les participants à l’activité lachutoise ont été invités à assembler une chaîne de souliers sur lesquels ils pouvaient inscrire des messages, une manière symbolique de dire qu’ils participaient à la MMF.
« Cette action s’inscrit dans une démarche régionale qui se déroule dans l’ensemble des Laurentides. L’objectif est simple mais puissant : faire vivre localement les revendications de la Marche mondiale des femmes, a expliqué Martine Mantha, du Carrefour des femmes, ajoutant que la même activité allait avoir lieu dans toutes les MRC des Laurentides. Ça permet à celles qui ne pourront se rendre à Québec le 18 octobre de pouvoir prendre part à une expérience collective, solidaire et féministe. »
« Aujourd’hui, nous sommes en marche vers Québec mais nous ne sommes pas seules : nous marchons dans les pas de celles qui ont levé la voix avant nous, celles que l’on a traité d’hystériques, de folles, de sorcières, de trop ou de pas assez, illustre pour sa part Marie-France Rhéaume, de La Citad’Elle. Aujourd’hui, nous reprenons le flambeau car tant que des femmes meurent sous des coups, tant que des filles subissent des mutilations, des mariages forcés, des agressions impunies, tant que des enfants grandissent dans des foyers marqués par la peur, tant que l’on invisibilisera la réalité et la souffrance des femmes autochtones, […] nous serons en marche! »
Les organisatrices ont rappelé que l’égalité des genres n’est pas un privilège et que les femmes revendiquent de pouvoir vivre sans crainte et dans la dignité.
Souvenirs de 1995
Parmi les participants à l’événement, on retrouvait quelques femmes qui avaient pris part à la marche Du Pain et des roses en 1995. Parmi celles-ci Carole Girardeau, ancienne employée du Carrefour des femmes du Grand Lachute, portait fièrement le dossard qui avait été créé pour l’occasion il y a 30 ans.
« C’était la première fois qu’il y avait une volonté de s’affirmer de cette façon, en marchant pacifiquement, se rappelle-t-elle. Les gens nous attendaient dans les villages que l’on traversait où on nous donnait des bonbons, des foulards… C’était plein d’émotions! C’est quelque chose que je n’oublierai jamais. »
Trente ans plus tard, madame Girardeau était plus qu’heureuse que le mouvement initié par la marche Du Pain et des roses continue à travers la Marche mondiale des femmes.
« Je suis très contente car en 2020, ça n’avait pas eu lieu en raison de la pandémie, souligne-t-elle. C’est une nécessité de continuer car j’ai trois filles et trois petites-filles et il y a du recul qui se fait, c’est évident pour moi. La MMF est un vaste mouvement d’affirmation des femmes du monde. »
Selon elle, même s’il y a désormais une plus grande solidarité entre les femmes aujourd’hui, il y a encore des combats qui doivent être menés, par exemple en matière de droit à l’avortement et contre la violence dont sont victimes les femmes. Elle se dit cependant heureuse de voir qu’une nouvelle génération se lève pour reprendre le flambeau dans ces luttes.
Après avoir effectué une marche symbolique en portant la chaîne de souliers, cette dernière a été accrochée dans le parc Barron où elle restera exposée jusqu’au 20 octobre prochain.




