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Une trentaine de représentants d’organismes communautaires de la région ont manifesté le 26 mars dernier lors de la distribution alimentaire du CEA. (Francis Legault, EAP)

Le communautaire en colère

Du 23 mars au 2 avril, de nombreux organismes communautaires de la province ont tenu une grève de services dans le cadre du mouvement Le Communautaire à boutte qui demande un meilleur financement de es organisations. Dans Argenteuil, les organismes participants ont tenu des actions de visibilité au cours de cette grève, notamment avec une manifestation le 26 mars dernier.

On avait parlé dans notre édition du 20 mars dernier de ce mouvement qui commençait à prendre forme dans la région. Depuis, plusieurs autres organismes ont rejoint la cause et ont pris part au mouvement de grève ou, à tout le moins, ont annoncé clairement qu’ils supportaient la cause.

En quelques jours, le nombre d’organismes participants ou appuyant officiellement la cause a presque doublé, passant à une quinzaine. Il s’agit du Centre Aux Sources d’Argenteuil, le Carrefour des femmes du Grand Lachute, la Maison populaire d’Argenteuil, le Centre d’entraide d’Argenteuil, le Centre d’immigration en région, la Maison des jeunes de Brownsburg-Chatham, Univers jeunesse Argenteuil, Fleur de mai, Prévoyance envers les aînés, le Carrefour jeunesse-emploi d’Argenteuil, le Laurentian Literacy Center, La Citad’Elle, la Maison des jeunes de Grenville et la Maison de la famille Au Cœur des générations d’Argenteuil.

 « C’est un mouvement de masse, pas spécifique à un seul organisme, explique Karen St-James, coordonnatrice du centre Aux Sources d’Argenteuil et porte-parole des organismes participants au mouvement Le Communautaire à boutte de la MRC. Il y en a qui sont en grève pendant les deux semaines, d’autres pendant une seule tandis que certains sont en appui car ils ne peuvent pas arrêter de donner leurs services. »

Plusieurs de ces organismes devaient envoyer des représentants lors de la grande manifestation qui s’est tenue devant l’Assemblée nationale de Québec le 2 avril.

Madame St-James tient à souligner que le mouvement a aussi reçu l’appui de Kévin Maurice, maire de Brownsburg-Chatham.

Rappelons que le mouvement Le Communautaire à boutte est né à l’initiative de quatre travailleurs d’un organisme de Shawinigan demandant un meilleur financement des organismes communautaires de la part du gouvernement provincial. Depuis, le mouvement s’est étendu à travers la province.

Ne plus être capable de voir le bout du tunnel

En matinée le 26 mars dernier, la cellule argenteuilloise du mouvement Le Communautaire à boutte a tenu une manifestation devant le Centre d’entraide d’Argenteuil (CEA) alors que celui-ci tenait sa distribution alimentaire hebdomadaire. Ils étaient près d’une trentaine de représentants des divers organismes appuyant le mouvement à être sur place.

« Je trouve ça bien que l’on soit un si grand nombre à être là pour manifester, mentionne madame St-James. Les gens nous attendaient, ils savaient qu’on allait être là et sont déjà sensibilisés à notre mouvement. Ils savent tout ce qu’on leur apporterait si on était mieux financés. »

Ce n’est pas un hasard si cette manifestation avait lieu devant le CEA : cet organisme est l’un de ceux qui demandent justement un meilleur financement pour accomplir leur mission. Plus de 500 personnes bénéficient du service de la distribution alimentaire chaque semaine dans la MRC.

« Ça fait plusieurs années qu’on n’a pas d’augmentation du financement, dénonce Louise Desrochers, directrice générale du CEA. On ne semble pas vraiment être considéré, on nous pellette ça tout le temps dans la face en nous disant qu’on va pouvoir s’occuper de ça et que ça va bien aller. Mais là, on commence à en avoir assez! »

Madame Desrochers illustre qu’elle ne voit même pas le bout du tunnel, ni même le tunnel en tant que tel. Elle souligne que cela lui coûte environ 1000 $ par semaine simplement pour avoir un pain dans chaque panier qu’elle distribue hebdomadairement et que ses employés sont payés au salaire minimum pour accomplir leur travail.

« Je suis rendue à penser de devoir peut-être charger 5$ aux gens qui viennent à la distribution alimentaire pour pouvoir être capable de continuer à faire cette distribution. Je me bats depuis des années pour éviter ça!, lance-t-elle. [Le Communautaire à boutte] est un premier mouvement mais je ne crois pas que ce soit le dernier! Ce n’est pas parce qu’on aide des gens dans la pauvreté qu’on est obligé d’être pauvres nous-mêmes! »

Avec le spectre des élections provinciales qui auront lieu cet automne, madame Desrochers espère que cette grève des organismes communautaires fera prendre conscience aux divers partis politiques de leur importance pour le tissus social.

« Tant mieux si on est un enjeu pour les élections!, lance-t-elle. Si les candidats ont les oreilles ouvertes et commencent à comprendre que notre mouvement est juste le début, ce sera déjà ça. L’important est que l’on ait les sous pour poursuivre notre mission! »

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