Du 23 mars au 2 avril, plusieurs organismes communautaires de la province effectueront une grève de services afin d’interpeler le gouvernement provincial au manque de financement dont plusieurs de ces organisations souffrent. Certains organismes d’Argenteuil prendront part à ce mouvement et certaines actions de visibilité auront lieu.
« C’est une grève de services et non une grève comme on en voit avec des syndicats, précise Karen St-James, coordonnatrice du Centre Aux Sources d’Argenteuil et responsable de la cellule locale d’Argenteuil du mouvement Le Communautaire à boutte. On est six organisations [d’Argenteuil] qui avons un mandat de grève et il y en a d’autres qui sont en processus pour en avoir un. Il y a d’autres organisations qui vont nous appuyer parce qu’elles ne peuvent pas arrêter leurs services comme tel. »
Le Centre Aux Sources d’Argenteuil, le Carrefour des femmes du Grand Lachute, la Maison populaire d’Argenteuil, le Centre d’entraide d’Argenteuil (une semaine seulement, le dépannage alimentaire du jeudi étant maintenu), le Centre d’immigration en région, la Maison des jeunes de Brownsburg-Chatham et Univers jeunesse Argenteuil ont confirmé leur participation à ce mouvement de grève. Madame St-James affirme que deux autres organismes pourraient se joindre au mouvement. Le centre d’hébergement La Citad’Elle de Lachute et le Laurentian Literacy Center ne pourront pas prendre part à cette grève mais ceux-ci appuient cependant les demandes du mouvement.
Le Communautaire à boutte est né à l’initiative de quatre travailleurs d’un organisme de Shawinigan demandant un meilleur financement des organismes communautaires. Le mouvement a fait boule de neige alors qu’à l’automne dernier, 115 organismes de la Mauricie ont déclenché une première grève de services. La grève qui débutera le 23 mars est la première à se dérouler à la grandeur de la province.
« On demande des conditions de travail décentes pour les travailleurs et travailleuses du communautaire, explique madame St-James. Il y a énormément d’essoufflement dans les équipes, on en fait beaucoup avec peu. Il y a beaucoup de roulement de personnel et on a des problèmes d’attractivité. »
Elle cite en exemple le cas d’une employée d’un organisme qui a remarqué, en recevant son formulaire T4 pour les impôts, qu’elle recevait un salaire qui n’était que 1000 $ au-dessus du seuil de pauvreté.
« On parle vraiment de conditions de travail fragilisées. On doit s’assurer d’un salaire décent pour les gens qui prennent soins de notre filet social, mentionne-t-elle. Si tu aides des gens qui sont dans la pauvreté et que tu es toi-même pauvre, il y a comme un non-sens là-dedans. »
Madame St-James indique que le mouvement Le Communautaire à boutte demande un reconnaissance pleine et entière des organismes communautaires et un meilleur financement afin de mieux payer les salariés, soulignant du même souffle que 80 % des travailleurs du milieu communautaire sont des femmes.
Lors de ces deux journées de grève, diverses activités de visibilité auront lieu dans Argenteuil mais madame St-James explique qu’elle ne peut dévoiler leur teneur ni le moment où elles auront lieu. On sait cependant que le 2 avril, une grande manifestation nationale du mouvement Le Communautaire à boutte aura lieu devant l’Assemblée nationale à Québec. Une action régionale pour les Laurentides aura également lieu le 27 mars.
« On souhaite que les gens entendent notre cause et l’appuie. On veut que les décideurs de notre région nous appuient et que l’on reconnaisse la valeur de notre travail. »
Pour plus d’informations sur le mouvement Le Communautaire à boutte, visitez le aboutte.info.




