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Guy St-Jacques a donné une conférence à la Villa Mont-Joie de Lachute où il est notamment revenu sur les années où il était en poste à Washington. (Francis Legault, EAP)

Guy St-Jacques, de Lachute à la Chine en passant par Washington

Si l’on regarde les nombreux Lachutois qui se sont illustrés hors de la région, il y a peu d’entre eux qui ont réussi à se faire connaître à l’international comme l’a fait Guy St-Jacques. Membre de l’Ordre du Canada et Officier de l’Ordre national du Québec, celui-ci a fait carrière dans les coulisses des relations internationales, ayant notamment été ambassadeur du Canada en Chine.

Rencontré en octobre dernier, au moment de son passage à la Villa Mont-Joie dans le cadre d’une conférence qu’il donnait à l’invitation de la Ville de Lachute, Guy St-Jacques admet avoir été chanceux de connaître la carrière qu’il a connue.

« Je viens d’un milieu modeste mais je pense que je suis un bon exemple que si tu crois en ta bonne étoile, que tu travailles fort et que tu es un peu chanceux, tu peux créer ta propre chance, raconte celui qui a grandi dans le secteur Ayersville. J’ai eu la chance d’avoir de bons professeurs qui m’ont ouvert l’esprit. »

En effet, monsieur St-Jacques a eu la possibilité de pouvoir faire son cours classique à l’école publique dans le cadre d’un projet de la commission scolaire. Un de ses enseignants, Antoine Proulx, l’a beaucoup influencé pour développer sa curiosité.

Quant au goût des voyages à l’international, il indique avoir été fasciné par les récits d’un cousin de son père, jésuite missionnaire au Japon, et d’un oncle parti lui aussi en tant que missionnaire, en Inde cette fois. Cependant, Guy St-Jacques n’a jamais songé à une carrière de diplomate lorsqu’est venu le temps pour lui de se diriger vers l’université.

« Je pensais aller en architecture mais j’ai eu des doutes sur ma capacité à faire des dessins, admet-il. Je suis alors tombé sur un pamphlet qui disait : ‘Vous voulez voir le monde? Devenez géologue!’ Je suis allé en géologie mais quand j’ai gradué en 1974, il y avait peu d’emplois dans le domaine. J’ai alors décidé de faire une maîtrise en aménagement du territoire et développement régional. »

Voir plus loin

Toujours intéressé par l’actualité mondiale au terme de ses études, Guy St-Jacques décide de tenter sa chance au concours annuel du ministère des Affaires extérieures, devenu aujourd’hui Affaires mondiales Canada. Ce concours visait à recruter des agents pour le service extérieur et plus de 5000 candidatures étaient reçues de partout au pays. En octobre 1976, le Lachutois est parmi les 500 candidats retenus pour une entrevue.

« C’était une entrevue assez corsée, ils m’ont demandé ce que ça ferait un géologue aux affaires étrangères, raconte-t-il. Je leur ai dit qu’ils allaient être surpris car les questions liées aux ressources naturelles, au pétrole, à l’énergie et à l’environnement allaient devenir de grandes questions internationales, que j’allais pouvoir leur traduire ces enjeux en termes de politique étrangère. Je pense que je les ai intrigués. »

En effet, il les a assez intrigués qu’il a finalement été embauché. Sa première affectation permanente fut à Kinshasa, au Zaïre, aujourd’hui devenue la République démocratique du Congo, de 1978 à 1980, sous les ordres de l’ambassadeur Raymond Chrétien, neveu du futur premier ministre Jean Chrétien.

« Il a été un mentor pour moi, dit-il. J’ai aussi été son chef de cabinet quand il a été sous-ministre et il est venu me rejoindre à Washington où j’étais déjà en poste lorsqu’il a été nommé ambassadeur là-bas. C’est devenu un ami. »

À son retour du Zaïre, il s’établit à Ottawa pour deux ans et devient spécialiste de la Chine. Lentement, il gravit les échelons. Il ira d’abord à Hong Kong avant de faire des passages à Londres et Washington où il sera notamment chef de section sur l’énergie. Il agira comme numéro deux de la diplomatie canadienne en Chine lors de son second séjour là-bas, de 1995 à 1999.

Plus tard, il sera nommé négociateur et ambassadeur du Canada pour les changements climatiques, au début des années 2010. Il sera peu de temps après nommé comme ambassadeur du canada en Chine par le premier ministre Stephen Harper, poste qu’il occupera de 2012 à 2016.

Même s’il a officiellement pris sa retraite du monde diplomatique, Guy St-Jacques continue à être sollicité pour son expertise dans le domaine, notamment concernant les questions concernant la Chine (voir autre texte).

« J’ai été chanceux dans ma carrière d’être numéro 2 à Londres et à Washington, un poste très important, en plus d’être ambassadeur à Pékin. Ça été une belle carrière, admet-il. Des fois, il faut espérer que sa carrière sera une succession de heureux hasards et de joyeuses coïncidences. »

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